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Incitation au délire 2 et 4

Réponse directe esquive et surplus au délire par Denis Gokiri

N° 2

 

Messieurs,

   Je viens de lire attentivement Épitres en Folies.
Je note à regret que vous ne mentionnez pas le nom de l’inventeur de la prothèse claviculaire à piston. C’est fort regrettable, car il s’agit du célèbre Professeur Goffredo de Tantale-Pélops qui, grâce à cette invention pluridisciplinaire, a pu se recycler brillamment dans la mécanique de précision. Les belles italiennes pour être plus précis. Une tout autre carrière, sous le capot, si je puis m’exprimer ainsi.
Je ne citerai pas les noms des bénéficiaires de sa prothèse claviculaire à piston, mais sans trahir le secret mécano-médical, je peux évoquer, à titre de mise au point quelques unes de ses interventions : La Cardinale sur laquelle il a posé quelques points, la Bonneauto, qui contrairement à son nom se prenait pour un caïman, et même la Lualdi qu’il a fait repeindre en Rouge et Noir, en 1961.  
Je sais, tout cela peut paraître lointain, très lointain même, mais n’est-ce pas les vieux pots qui permettent les meilleurs échappements… libres, bien étendus.
Je me rappelle que la Magnani lui avait donné beaucoup de mal en se faisant tatouer une rose, belle caisse ma foi que la Magnani, mais fragile, avec des écrous prompts à sauter… Les évènements avaient basculé au cours de l’année 1942, une histoire de Zizi, trop difficile à interpréter… ah ! ... la fortuna viene dai cielo
Le Professeur Goffredo de Tantale-Pélops s’était efforcé dans l’urgence de la soigner en écopant le carter, en amplifiant l’écoute d’embrayage ‒ (Amplifon) ‒, tout en réglant au plus près la  balancine de l’essuie-glace, et ainsi la Magnani avait pu redémarrer par bon plein, et s’offrir Molti sogni per le strade…et la suite…
Je tenais à vous apporter ces quelques précisions, ne serait-ce que par respect pour ce génial inventeur et  tous les châssis célèbres dont il a pu caresser les flancs.

Bien à vous

Denis Gokiri

N° 4

 

Messieurs,

Le marc de café dans lequel je me plonge me révèle que vous êtes cousus par un même bouton. Comme A et B. Ou B et A. Comme Nabot ici et Mon peigne. A moins que vous ne soyez épavés par la drogue, oversdosés en couverture couleur. Je vous comprends. La lumière grise qui tombe par plafonds entiers sur la page de LPE n’est pas faite pour vous revigorer. Alors beaucoup de poudre. Autant de cachets. Allumés loufs. Et bien çà, non ! Le vent hurle bien trop fort dans vos poumons. Choisissez plutôt une jonquille, n’abîmez pas la tige et prenez-lui ses ultimes forces. Vous en aurez besoin. Et surtout éloignez vous des moules. Posez plutôt la main sur une truite de vingt-cinq centimètres et ayez suffisamment de rouerie pour garder tout le poisson. Ferrez sans trop barguiner. N’oubliez pas Ferret est grand. Vu de près… Ferret est très grand ! Distingué en Mai 1358 en libérant le Muguet, otage des Anglais. Une histoire vraie qui ne sort pas de la manche mais d’une tirade chronique, sorte de maladie scribouillarde dont souffrait un certain Jean de Venette, que l’on associe plus volontiers aujourd’hui à devinette et même à devis net…qui vient diner ce soir… Avant d’être haché par le menu. A la soupe ! Au King Burger ! Et ne restez pas le nez dans l’assiette !

Denis Gokiri

Incitation au délire N° 3 Par Henri GAULAN

  Messieurs et Monsieur,


J’ai lu moi aussi très attentivement Epitres en Folies et Je dois dire – quand je dis dire, il ne faut rien exagérer –, que je n’ai pas été frappé par les mêmes prothèses que vous. Et j’en suis très secoué, voire même bleui de céphalées-domestiques. Il est insupportable de constater que plus on avance dans le sujet et plus on s’éloigne de la fameuse lorgnette par laquelle nous pourrions tout, mais vraiment tout perdre de vue. Le fameux professeur qui fit aussi, pour la petite histoire, lubrifier au papier de verre à champagne les ulcères du crustacé qu’il avait mis à jour-et-à-cri, juste avant de s’envoler, a ré-créé un grand cygne du doigt pour laisser tant bien que mal un souvenir de lui qui ne nous soit : ni para-ponctuel ni auto-syllabique mais plutôt octogénairisant.
Du reste + un, je vous avouerais que j’ai pris la peine de visiter Tantale-Pélops dont les sous-sols m’ont littéralement transporté et je n’en suis revenu qu’après m’en être foutu moi-même par mont et par vau-l’eau dissout. Je dois confesser, sous la torture et de plein gré, que j’en suis pleinement et à moitié satisfait. Je marche oui, mais de façon binaire les jours sang.
Il reste, me direz-vous ou pas, les pistons mais il en fut de même de tout temps. Les plans-qué-méqué ne me trahiront pas à pas jusqu’à la prothèse bio et réversible.
Il me reste, à votre service, quelques souvenirs d’épingles à linge et des cils de menuisiers mais cela ne vous intéresse peut-être pas.
A bientôt


Henri Gaulan